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Pierre Koppe (1931-2016) Christine Koppe-Schleef (1959)
Peintre, céramiste, sculpteur messin (Lorraine)
Artiste renommé lorrain, Pierre Koppe
a participé au rayonnement culturel de Metz, sa ville natale, laissant une œuvre moderne et joyeuse fidèle à son image.
Une solide formation artistique
Né en 1931 à Metz, Pierre (Charles Marie) Koppe
fréquente à l’école le jeune Jean Rustin
(1928-2013). Puis au lycée technique de Metz, il suit les cours de dessin d’art appliqué du peintre Albert Demange
(1913-1994). En 1951, à l'École nationale supérieure d'art de Nancy, il étudie la peinture avec le maitre Camille Hilaire
(1916-2004) et se spécialise dans la décoration. (1&2).
En 1956, Pierre Koppe fait un stage de céramique chez Jean Derval. Cette même année, il ouvre un atelier céramique à Metz. En 1957, il travaille aussi le vitrail d’art chez Simminger
à Montigny-les-Metz.
Dans les années 60, l’artiste explore la céramique architecturale : citons en 1963, la décoration abstraite du tympan de la chapelle Saint-Marc
(au 67 rue Hoche, Malakoff), l’installation d’un bas-relief à Brest en 1966, et d’autres à Strasbourg et dans sa ville de cœur Metz.
Dès 1965, Pierre Koppe enseigne la céramique à l’école des Beaux-Arts de Metz.
Une œuvre reconnue et exposée
Que ce soit pour la céramique ou la peinture, le succès a toujours été au rendez-vous.
Dès 1956, les expositions se succèdent : en 57 à la Galerie Mai
(lieu incontournable de la scène artistique contemporaine à Paris), en 66 l’exposition ’26 potiers’ au couvent des Cordeliers de Chateauroux auprès des plus grands céramistes de l’époque, Roger Capron, Elisabeth Joulia, le couple Lerat, Jean Linard, Yves Mohy, Jacques Pouchain, … et Michel Delmotte
avec qui il expose l’année suivante à Strasbourg.
Les pièces de Pierre Koppe sont présentes dans les galeries messines (Schmitt, Gambetta, Saint-Martin, Art fonctionnel …), à Cannes, Porquerolles, Thionville, Paris … et dans les lieux d’art au Luxembourg.
Son travail est récompensé de la médaille académique en 1985.
Ses peintures sont exposées en 2014 à la Douera de Malzéville (proche de Nancy) et l’année suivante au TEM, espace d’art contemporain et son jardin (exposition ‘enCore et en coRps’ , à Goviller).
Une œuvre joyeuse teintée d’humour
Comme le peintre Jean Rustin, Pierre Koffe
refusait de visiter les musées et les expositions contemporaines, afin de ne pas être influencé par un effet de mode ou de style. S’il voyait par hasard une lointaine ressemblance, il change de thématique. Son œuvre diversifiée, qui est connue essentiellement dans le paysage lorrain, mériterait un regard attentif aussi bien pour sa céramique que sa peinture.
Avec la terre, Koppe a modelé des fresques murales abstraites contrastant avec les miroirs floraux ornés de volatiles. Au bestiaire fantaisiste se joignent des personnages aux regards naïfs porteurs d’oiseaux.
Tête en l’air, l’homme est passionné d’aviation. Il s’est investi dans le club aéromodéliste
‘Le Graoully’, qu’il a présidé en 1971, en produisant en céramique de petites créatures mythiques volantes, montés sur panneau de bois, dont la vente finançait quelques travaux du club. Au verso de chaque pièce, il y décrivait manuellement la légende du Graoully, un dragon de Metz, qui aurait dévasté au IIIe siècle la cité avant d’être chassé par Saint-Clément de Metz, premier évêque de la ville.
Avec la peinture, ce sont des personnages géants, gros, opulents ou petits, des miniatures grouillantes, soufflant humour et joie à cet univers coloré.
De la peinture, des collages et même des dessins pour illustrer en 2006 le livre de Philippe Claudel “Le monde sans les enfants” !
Dans la troisième édition du guide des céramistes de la Revue de la céramique et de verre, Pierre Koffe écrit :
‘Il y a toujours une relation entre ma peinture et mes céramiques, souci d’idées nouvelles, de couleurs, de matière, avec la possibilité de sortir de la construction conventionnelle terre cuite en y ajoutant des constructions métal ou bois. Pour l’instant les couleurs sont mates, peut-être qu’un jour j’aurai besoin de surfaces brillantes, d’où retour à l’émail’. Et la couleur fut.
L’artiste s’éteint le 10 octobre 2016.
Son épouse, Christine Koppe-Schleef (1959)
est aussi céramiste depuis 1981. Après avoir créé des muraux, elle invente un monde animalier dominé par des poules en grès colorés côtoyant les végétaux de la ferme (fruits et légumes sur socle). Aujourd’hui, elle modèle des grands personnages en terre nue, qui interrogent par leur posture le spectateur.
Texte ©Christine Lavenu, publiée 22/02/2026
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Sources, pour voir et en savoir plus :
Marius Mutelet, "Metz en 64 images", librairie Mutelet,1951 (1)
Philippe Claudel, Le monde sans les enfants et autres histoires, édition Stock, 2006