Jean Lerat (1913 - 1992) Jacqueline Lerat (1920 - 2009)
Couple de céramistes français, acteurs du renouveau de l'art du grès, en s'inspirant des arts populaires et des courants de l'art moderne.
Extrait des notes de leur philosophie :
'La terre, un matériau qu’on tâte comme la parole… qui peut dire le tremblement, l’hésitation, la déchirure, ...'
Jean Lerat a étudié à l'école des Arts Appliqués de Bourges la sculpture et le dessin, qu'il enseignera de 1936 à 1939. Il accepte la proposition du marchand d'art et collectionneur, François Guillaume pour renouveler la tradition du grès dans le village de potiers de la Borne.
En arrivant à la Borne en 1941, Jean délaisse la sculpture pour travailler la céramique dans l'atelier d'Armand Bedu. Il apprendra aussi le métier auprès du potier Paul Beyer. S'il doit honorer les commandes du marchand et fournir des grès utilitaires pour la table, il a carte blanche pour la conceptions des pièces.
Jean commence à produire du grès utilitaire avec une cuisson au bois dans le respect des traditions des potiers du village, puis il modèlera des statues inspirées de l'art populaire et de l'art sacré.
Après des études de dessin à l'Ecole des Beaux Arts de Mâcon en 1939, puis un passage à l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris, Jacqueline Bouvet apprend la céramique en 1942 auprès de Anne Dangar (1885-1951) à Moly-Sabata dans l'Isère.
En 1943, elle entre dans l'atelier de Bedu et y rencontre Jean Lerat, qu'elle épousera en 1945.
Jean et Jacqueline poursuivent une production de céramique dans la lignée du travail épuré de Paul Beyer et de André Rozay qui avaient mis à l'honneur le monde paysan et les animaux.
Dans l'œuvre des Lerat, le bestiaire avec le coq et la poule est un thème récurrent, comme celui des personnages féminins avec la série des bouquetières et les figures religieuses.
En 1955, le couple s'installe à Bourges.
Ce nouvel atelier leur permet de créer des pièces plus grandes et de nouveaux émaux.
De 1940 à 1960, Jean et Jacqueline Lerat ont participé à la rénovation de l'art sacré, en puisant leurs inspirations dans l'art Roman.
Au début des années 60, apparaissent de grands insectes montés sur des pieds métalliques, ce qui témoignent de leur intérêt pour la sculpture.
En parallèle, ils enseignent à L'Ecole des Beaux Arts l'art de la céramique.
Parmi les élèves, Elisabeth Joulia apprend le tournage dans l'atelier de Jean et Jacqueline Lerat dès 1949. Une longue amitié se noue avec la famille Lerat.
Michelle Serre a comme professeur Jean dès 1953. Parmi les élèves et suiveurs de Lerat, citons Jacques Laroussinie, Gérard Brossard, François Maréchal, Jean Guillaume.
Les Lerat exposent dès 1945 des pièces en grès à la Galerie Rouard à Paris et au Salon des Artistes Décorateurs (SAD) de Paris jusqu'en 1972.
De nombreuses expositions :
Dans les années 50 et 60, ils participent à différentes expositions en France ( Salon de l'Imagerie, musée Galliera, Salon de l'art sacré, Exposition de la biennale de Vallauris...) et à l'étranger (musée de Birmingham, Salon de l'art sacré Rome en 1950, Milan en 1957, Bruxelles en 1958, Prague, Londres, Japon, ...).
Exposition Musée de la Poterie, Henrichemont, photographies juin 2022
Texte © Christine Lavenu (publié le 15/10/2019 maj 18/08/2023)
Sources, pour voir et en savoir plus :
- La céramique contemporaine par Michel Faré - Compagnie des arts photomécaniques, Strasbourg, Paris 1953 -
- La céramique française des années 50, par Staudenmeyer Pierre, Editions Norma, 2004.
- Site des Lerat
- Lettre à une jeune céramiste, Anne Dangar à Jacqueline Lerat, édition Bernard Chauveau, juin 2025



