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Marie-Madeleine Jolly (1914-1992)  
Philippe Madeline (1914-2002)


Couple de céramistes emblématiques pour l’édition des céramiques de Jean Cocteau.
marie madeleine jolly

Terre du Sud
Née en 1914 à Orsay (Essonne), après des études de dessin aux Beaux-Arts de Paris, Marie-Madeleine Jolly fait ses débuts dans la publicité. A Paris vers 1945, elle rencontre le jeune ingénieur des travaux publics, Philippe Madeline (1914), qui deviendra son époux en 1956. 
En 1951, le couple quitte la capitale pour installer un atelier artisanal de céramique à Villefranche-sur-Mer. Ce lieu est nommé ‘Le Tryskel’, en référence aux origines bretonnes de Philippe, puis renommé atelier ‘Madeline-Jolly’. Gérant la production de l’atelier (jusqu’à 3 à 4 employés), Philippe crée les moules et Marie-Madeleine les décors. Le graphisme soigné est typique de l’esprit du Sud des années 50-60, riche en thématiques géométrique, florale, marine et africanisante. Quelques modèles sont anthropomorphes ou zoomorphes. 
marie madeleine jolly
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Le succès est au rendez-vous avec l’exposition biannuelle du Salon des Ateliers d’Art (SAA), qui permet au couple de vendre leur collection utilitaire aux magasins de décoration. Le modèle ‘chardons’ est destiné aux magasins savoyards.
marie madeleine jolly
marie madeleine jolly le triskel
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A noter que Philippe Madeline est un adhérent actif à la chambre syndicale des Ateliers d’Art, qui a en charge l’organisation du salon (SAA). Il rencontre ainsi les céramistes de renom des années 50 comme Roger Capron, Jacques Blin, Fernand Lacaf, …et Pol Chambost avec qui il collabore pour sélectionner les nouveaux exposants du salon. Aujourd’hui, le SAA est le salon international Maison&Objet et le syndicat, la Fondation des Ateliers d’Art de France
marie madeleine jolly
marie madeleine jolly
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 La main du poète
Tout comme Picasso, Jean Cocteau a succombé à la tentation de peindre sur la terre. Invité par le peintre, il a fait quelques céramiques dans l’atelier Madoura début des années 50. Mais il faudra attendre sa rencontre avec le couple Jolly-Madeline en 1957, pour que le poète se décide à l’aventure céramique. C’est le début d’une amitié et d’une collaboration florissante avec le couple, voisin proche de l’artiste.
Alors que les pièces de Jolly sont émaillées, Cocteau veut travailler directement sur la terre nue comme ‘si c’était un tatouage sur une peau halée par le soleil’ (1). 

De 1957 jusqu’à sa disparition en 1963, Jean Cocteau a créé plus de 300 céramiques, des bijoux, des ‘poèmes-objets’ dans l’atelier Jolly-Madeline de Villefranche-sur-Mer. Pour Philippe Madeline, Cocteau transformait les poteries en « poeteries ».   

Le coupe Jolly-Madeline obtient les droits de Cocteau pour produire des éditions en nombre limité, comme entre autres le vase L’Homme-fleur ou le plat ‘Les trois yeux’, tous deux édités en 1958.
marie madeleine jolly
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"Bon "grès",  mal "grès"
En 1960, le couple déménage de Villefranche-sur-Mer pour installer l’atelier à Locoal-Mendon, village maritime du Morbihan. Le jeune tourneur Michel Lanos y fera un court passage, rejoignant la dizaine d’employés. La production céramique est mixte avec l’édition des collections de Cocteau et les modèles personnels décorés par Marie-Madeleine. 
Cependant, l’atelier va connaitre la dure concurrence du grès, qui est très en vogue dans les années 60 : l’élan pour cette matière provient des pays scandinaves dont le design fonctionnel de la terre brute séduit le public. Cette tendance du grès est devenue un phénomène international à la mode, marquée en France par deux grandes expositions, ‘Maitres potiers contemporains’ au musée des Arts Décoratifs de Paris en 1962, et ‘Grès contemporain en France’ au musée national de la céramique de Sèvres en 1963. Tout le monde veut du grès et la faïence ou la porcelaine ne trouvent plus preneurs.
marie madeleine jolly
L’atelier breton Madeline-Jolly ferme en 1966. Le couple retourne dans le sud à Villeneuve-Loubet, où il poursuivra uniquement l’édition des collections Cocteau. 

Plus tard, leur fille, Anne Madeline a continué l'œuvre bijoux à Toulon sur Arroux (Bourgogne), d'après les dessins de Cocteau.


Je remercie Catherine Madeline pour le relecture et le partage des photographies.
Pour découvrir les pièces (céramiques, bijoux, sculptures)  de Jean Cocteau, consulter le site  Jean-Cocteau Art
Texte ©Christine Lavenu, publiée 15/02/2026
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Sources, pour voir et en savoir plus : 
Entretien avec Catherine Madeline février 2026 
Catalogue de l’exposition ‘Jean Cocteau et les arts plastiques’ Paris 1984. 
Annie Guédras, Catalogue raisonné des poteries et céramiques de Jean Cocteau, Teillet-Demit Editeurs, 1989.
La revue de la céramique et du verre, numéros 16, 22, 194
P.Chambost, P.Marziano, A.Serpollet, 1947-2017, 70 ans d’expression céramique française, Editions les Livres de l’Ilot, 2020
Archive de la fondation des Ateliers d’Art
Jean-Claude Martin, Marques et signatures de la céramique d’art de la Côte d’Azur, Sudarènes, 2009