Jouve



Voir plus de pièces
  • georges jouve
  • Georges Jouve (1910- 1964) 


    Grand céramiste sculpteur français des années 50. 
    Une formation solide en sculpture et peinture 


    Né en 1910, Georges Jouve suit des études de sculpture à la prestigieuse Ecole Boulle de Paris, où il acquiert le surnom d’Apollon, qu'il deviendra sa marque de fabrique d'où le monogramme AP de sa signature

    Il complète sa formation en suivant des cours de peinture à l’académie Julian et à la Grande Chaumière. 

    Le jeune Georges débute comme sa carrière comme architecte décorateur pour le monde du théâtre.

    Initiation aux Arts du Feu à Dieulefit
    Durant la Seconde Guerre Mondiale, il se retrouve dans un camp de prisonnier dont il finira par s'évader après plusieurs tentatives infructueuses,  pour se réfugier en 1942 à Nyons (Drôme provençale) dans la maison de ses beaux-parents et retrouver ainsi Jacqueline, son épouse depuis 1936

    Village de tradition potière depuis l'époque gallo-romaine, Nyons est connu pour sa production de santons. Mais c'est dans l’atelier de l'entourage d'Etienne Noel à Dieulefit, qu'il s'initie à la céramique et fabrique des objets décoratifs comme des figurines religieuses, des bénitiers, des retables, des bacchus, des animaux de la crèche, dans le respect des traditions locales en utilisant l'alquifoux (sulfure de plomb naturel) dans les émaux verts, jaunes et aubergines. 

    Georges s'installe à Dieulefit en 1943 avec sa femme et ses trois enfants. Il exécute ses propres pièces préférant le modelage au tournage et privilégiant les formes simples et pures. Il utilise alors la glaise pour sa malléabilité, ce qui lui permet de produire des céramiques ornementales (cheminées, fontaine, cadrans solaires), qui seront vendues en local et à la galerie parisienne l'Arcade. 

    En 1944, il envoie quelques pièces au Salon de l’imagerie (Pavillon de Marsan), qui seront remarquées par l'architecte designer Jacques Adnet.  

    De la céramique traditionnelle à sculpture design à Paris
    En 1945, la famille Jouve retourne à Paris, rue de la Tombe-Issoire. Georges ouvre un atelier qu'il aménage d'un four électrique Druelle. Il délaissera l'alquifoux pour des couleurs plus sobres.

    Georges imagine aussi bien une céramique architecturale qu’une céramique décorative dans le gout des années 1940 avec des lignes sinueuses : miroir au décor de coq ou encore de nymphes marines. C’est aussi l’époque des  cendriers en forme de pattes d’ours, des coupes ' bananes', appliques murales, vases, pichets, lampes ...

    Dès 1948, il rend hommage à la grâce féminine avec des pièces anthropomorphes comme le vase nichons ou jardinière femme. 
    georges jouve

    Un travail reconnu et célébré dans les expositions et les salons
    georges jouve
    Georges Jouve expose dans divers salons comme Salon des Artistes Décorateur, au Salon des Arts Ménagers, au Salon des Ateliers d’Art… 

    Dans les années 50, il collabore avec les ensembliers et les décorateurs comme  Mathieu Matégot. Sa rencontre avec le designer Jacques Adnet, lui permet de participer à l'exposition 'La céramique contemporaine' , pilotée par la Compagnie Française des Arts Français. 
    Le succès est au rendez-vous : chaque année, il participe aux expositions internationales organisées par l’association française d’action artistique, à Rio de Janeiro en 1946, Barcelone en 1947, Milan et Helsinki en 1948, Toronto et Lisbonne en 1949, et des expositions organisées par le Ministère des affaires étrangères, Vienne en 1947, Baden Baden en 1948, Le Caire en 1949, Rome en 1950, Ostende en 1959, Munich en 1960, Moscou et Washington en 1961.

    Un bref passage à Ratilly, pays du grès du Puisaye
    En 1953, Georges Jouve est fatigué par son travail et toutes les manifestions, mais il est surtout affaibli par l’intoxication lente par le plomb contenu dans les émaux, qui conduira au saturnisme. La famille Jouve s'installe alors au château de Ratilly, chez leur amis céramistes Norbert et Jeanne Pierlot. Ensemble, ils travaillent des pièces en grès. 

    Georges Jouve

    En route pour le Sud et la recherche de formes abstraites et épurées
    L’année suivante (1954), Georges et sa femme quittent Paris pour s’installer dans la région aixoise, au Pigonnet, puis en 1963 aux Marronniers.

    Ils côtoient les céramistes du groupe de l'Ecole d'Aix entre autres René Ben Lisa, Jean Buffile, Jo et Jean Amado, Carlos Fernandez, Daniel Cécil Michaelis, Frédéric et Philippe Sourdive.

    Son style évolue vers une céramique plus épurée, aux tonalités sobres et solides, noir, blanc, jaune ou vert. Sa couleur de prédilection est le noir, si profond et métallique en opposition au blanc crémeux, allant du lisse au craquelé  : " Le noir est une couleur en soi, qui résume et consume toutes les autres ". Ses décors de plus en plus dépouillés privilégient avec le temps les couleurs monochromes. Les formes sont de plus en plus abstraites ou plus géométriques ( sphères, cônes, cylindres, ...).  

    Dès 1956, la galerie Steph-Simon défend son vase cylindre jusqu’en 1974, date de fermeture de la boutique. En 1959, il expose son travail à la galerie La Demeure sous la direction de Denise Majorel, qui organisera en 1964 une grande rétrospective de son œuvre. 

    Une œuvre design intemporelle cotée et prisée des collectionneurs du monde entier.
    L'œuvre de Georges Jouve est l'une des plus cotés sur le marché l'art avec ses pièces aux formes libres, citons en octobre 2022, le vase Lune adjugé au prix de 50 840 euros et la sculpture ' Forme, abstraction Abstraction monochrome ' adjugé 341 000 euros (hôtel des ventes de la Vallée de Montmorency à Deuil la Bare) ou encore en juin 2023, la vente d’une table basse de 1955 adjugée au prix de 412 136 euros à New York.


    Signatures
    Ses pièces sont le plus souvent signées du sigle dénommé 'alpha' ' ou du nom 'Jouve', gravé au revers, ou parfois les deux. Pour les pièces claires, la signature sous l'émail est peu visible. 
    Georges Jouve Collection P.Marziano
    georges jouve signature

    Texte © Christine Lavenu,  publié le 19/07/2019 - maj 15/01/2024
    Sources, pour voir et en savoir plus : 
    La revue de la céramique et du verre, n°138 septembre octobre 2004 
    La céramique contemporaine par Michel Faré - Compagnie des arts photomécaniques, Strasbourg, Paris 1953
    Come Rémy, Bartoletti Laurence, De Bruignac-La-Hougue, Forest Dominique, Gros Anne, Lacquemant Karine - Création en France, Arts Décoratifs 1945-1965, Gourcuff Gradenigo, 2009.
    Musée Granet , Catalogue 10 CERAMISTES AIXOIS AUTOUR DES ANNEES 50 - Exposition, 10 juin-30 septembre 1994
    Share by: