Quillivic Raymond Louis (1942)
Céramiste sculpteur et peintre breton
Le surréalisme des abysses
Sculpteur au geste insoumis et peintre des architectures du rêve, Raymond-Louis Quillivic s'impose comme l'un des pionniers de la céramique contemporaine bretonne. Électron libre de l'art d'après-guerre, il a fait naître plus de 6 000 œuvres guidées par une liberté absolue et habitées par l’onirisme de Yves Tanguy.
Entre la terre lourde de Cornouaille et l'horizon muet de l'océan, son œuvre se contemple comme une odyssée surréaliste.
L'appel du large (1942 - 1966)
Né le 30 août 1942 à Treffiagat (Finistère sud), Raymond Louis Quillivic grandit au bord de l'eau. Il est issu d'un milieu modeste, sa mère Marthe est ouvrière d’usine, et son père Raymond Pierre marin pêcheur.
Passionné par le dessin et la peinture, il participe à sa première exposition collective en 1956 au Musée des Beaux-Arts de Quimper. L’année suivante, à l’aube de ses quinze ans, il apprend le métier de marin-pécheur comme mousse à bord d’un malamok. Avec ses crayons pour compagnons et son carnet de croquis pour horizon, le jeune homme navigue ainsi de New-York jusqu’en Amérique du sud.
En 1962, il effectue son service militaire comme timonier dans la Marine Nationale, d'abord à Brest puis sur l’île du Frioul, au large de Marseille. Revenu à quai, il partage un temps la vie de marin-pêcheur avec son père, avant que le sillage de l'art ne l'emporte définitivement.
En 1964, il intègre l'Académie des Beaux-Arts de Cornouaille. Élève brillant, il y obtient en deux ans seulement son diplôme supérieur d'arts appliqués (CAFAS).
Les souvenirs des abysses et de l'océan restent ancrés en lui, devenant une source d'inspiration artistique.
Les ateliers bretons du début
Une valse à trois temps : de la faïence au grès surréaliste (1966 - 1980)
Au gré de ses escales, Raymond Louis Quillivic sème ses ateliers aux vents de Cornouaille, façonnant un dialogue constant avec la terre, le dessin et la peinture.
Douarnenez (1966-1971) : de la terre celte au choc surréaliste
En 1966, Raymond Louis ouvre son premier atelier de poterie, sculpture et peinture au 34 rue Jean Jaurès à Douarnenez. Jusqu'en 1967, ses recherches en céramique s'articulent autour d'un style celtique en faïence , tandis que sa peinture reste figurative (paysages, natures mortes).
En 1968, il se lie d'amitié à Locronan avec
Émilie Tanguy, la sœur d'Yves Tanguy, qui lui confie de précieuses œuvres et les archives familiales. Son style bascule alors vers le surréalisme. Ses créations prennent une dimension symbolique et le jeune artiste fait naître ses premières pièces uniques en faïence émaillée, où pointent déjà des formes organiques complexes.
Kerlaz (1971-1974) : de la faïence à la brutalité du grès Kerlaz (1971-1974) et Locronan ...1980
En 1971, Raymond Louis Quillivic quitte Douarnenez pour s’installer à Kerlaz, où il devient professeur de céramique au Centre d'Art Malraux.
Son style marque une véritable rupture technique : il délaisse la faïence classique pour travailler la terre réfractaire chamottée, privilégiant les textures brutes et rugueuses.
Inspirées par le culte de l’Egypte Ancienne et la mythologie grecque, si ses pièces frôlent parfois l'abstraction, elles restent principalement surréalistes et figuratives.
Pour « un oiseau autrefois », au corps modelé sont associés des pieds provenant du moulage de deux véritables pattes de poulet.
Le noir métallique des premières pièces est remplacé ici par un émail rouille légèrement oxydée de cuivre.
Les yeux sont insuctrés d'étain, tout comme le Tanama noir .
C'est ainsi qu'il conçoit une décoration murale monumentale pour l'école Paul Langevin de Pouldavid, dans le cadre du « 1% artistique ». Réalisée en terre cuite réfractaire émaillée et mesurant 2 x 4 mètres, cette fresque est intitulée « Les Chevaux du Soleil ».
Il représente également sa région à la Maison de la Bretagne à Paris avec sa sculpture en terre cuite « La Louve ».
Il représente également sa région à la Maison de la Bretagne à Paris avec sa sculpture en terre cuite « La Louve ».
Locronan (1974-1980 :
En 1974, il trouve un nouvel ancrage dans la cité de granit de Locronan, d'abord rue Lann puis rue du Prieuré. Reconnu comme l'un des premiers « potiers-créateurs » de grès et de design surréaliste en Bretagne, il choisit de refuser plusieurs expositions à l'étranger pour se consacrer pleinement à ses recherches. ???
?????C'est ici qu'il fait fusionner son art de la terre avec la peinture à l'huile. Il donne ainsi naissance à d'immenses toiles fantastiques structurées par des lignes architecturales, des engobes sombres et des graphismes gravés.
En 1974, il trouve un nouvel ancrage dans la cité de granit de Locronan, d'abord rue Lann puis rue du Prieuré. Reconnu comme l'un des premiers « potiers-créateurs » de grès et de design surréaliste en Bretagne, il choisit de refuser plusieurs expositions à l'étranger pour se consacrer pleinement à ses recherches. ???
?????C'est ici qu'il fait fusionner son art de la terre avec la peinture à l'huile. Il donne ainsi naissance à d'immenses toiles fantastiques structurées par des lignes architecturales, des engobes sombres et des graphismes gravés.
Il vend dans son atelier ateliers de dans les boutiques de touristes allant jusqu’à la Manche et la
Vendée.
En 1978, il réalise
« Ici finit la terre et commence le monde », une grande fresque monumentale pour la mairie de sa ville natale, Treffiagat. Clin d'œil direct à la peinture de la Renaissance italienne, ce modèle s'inspire de l'école vénitienne et de l'œuvre du
Titien. La figure féminine incarne Vénus, ici représentée avec une langoustine dans la main gauche. Par cette œuvre, il laisse une empreinte indélébile au cœur de son village d'enfance.
La révolution picturale : naissance du Tri-Arte(1980 – 1996)
Installé dans le Var à Cavalaire, Raymond Louis Quillivic ouvre en 1980 la galerie-atelier L'Arche Bleue à Saint-Tropez. Exposant avec des peintres de renom comme Dany Lartigue, Vincent Roux, Émile Gaud ou Alfred Vachon, il attire rapidement l'attention de médias nationaux, notamment Paris Match.
De 1982 à 1986, son activité d'antiquaire et de restaurateur de tableaux lui permet d'étudier en profondeur les grands maîtres tels que Cézanne, Matisse et Picasso, sans jamais abandonner sa passion pour le surréalisme hérité d'Yves Tanguy.
Il développe alors un nouveau style au carrefour du post-impressionnisme, du fauvisme et du cubisme, où la géométrie structure la vibration des couleurs. Cette recherche donne naissance au concept qu’il nomme « Tri-Arte » : une peinture en trois dimensions, qui croise ces courants et intègre aussi le symbolisme et le surréalisme.
Ses toiles deviennent alors le théâtre de mythes, de légendes et d'hommages artistiques. Avec «
L’hôtel de la plage et baigneuses
» (1990), il s’éloigne du surréalisme pur pour explorer une nature fauviste ponctuée de cubisme. Avec «
La Recommandation du prophète Ésaïe
» (1991), il illustre sa fascination pour la chapelle Sixtine de
Michel-Ange.
En 1996, il donne une nouvelle dimension à son concept en transposant ses recherches dans le bronze.
Pour sa première sculpture, « La Joconde » (créée en 1996 à Hyères et limitée à deux exemplaires), il dévoile le visage d’une Mona Lisa bretonne, orné d’ondulations marines, qui font écho aux vagues et au varech.
L’artiste rend ainsi un hommage direct au maître surréaliste René Magritte, qui avait lui-même réinterprété cette figure emblématique à travers une toile en 1960, puis un bronze en 1967.
Cette même année, marqué par le décès de sa mère, il rentre définitivement en Bretagne à Léchiagat et entame un travail profond autour de la thématique de la culture bigoudène, comme pour retrouver le fil conducteur de ses origines.
L'orchestrateur de la terre
Le scarification, une musique visuelle
Sur le tour, Grégoire trouve l'ivresse de la matière en mouvement. La forme une fois terminée, guidé par son geste instinctif, il dialogue de nouveau avec l’argile à travers un décor gravé ou peint. C’est cette signature graphique, vibrante et rythmée, qui confère à ses pièces une identité immédiatement reconnaissable par tous.
Pour Grégoire, le geste souple et répété de la scarification est une façon de se libérer l'esprit, de laisser parler la main.
A l’aide d'outils bricolés, tel un rituel, il cisèle, griffe et creuse des lignes symétriques et des motifs géométriques rythmés et répétitifs : arches, ondes et cercles dansent sur sa partition d’argile.
La gravure devient une véritable musique visuelle dont chaque pièce porte sa propre mélodie.
L’architecture du temps, du modernisme au primitivisme
Dans la terre scarifiée, au creux des sillons, le jeu des ombres et de la lumière vibre avec les surfaces lisses. L’émail vient alors habiller la forme.
Dans la série aux couleurs ‘effet rouille’ : la brillance des éclats métalliques et irisés, qui tranche avec l'aspect brut de la terre, donne l’illusion de textures oscillant entre la céramique et des pièces d'orfèvrerie en bronze patiné ou en fer forgé. Ces reflets métalliques, alliés à la géométrisation et la symétrie parfaite de ses décors, rappellent la dynamique architecturale des gratte-ciels des Années Folles.
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L'empreinte du geste, prix et distinctions
Depuis sa toute première exposition à la Fête céramique d'automne de la Genevraye en octobre 2017, l’œuvre contemporaine de Grégoire Lemaire ne cesse de séduire les collectionneurs et les galeries françaises.
Son travail a été couronné par le Premier Prix de la Ville d’Orléans et le Prix départemental du Loiret en 2022, suivis du Prix Louis Joseph Soulas en 2023. Témoins de cette reconnaissance, ses pièces ont aujourd'hui intégré les collections publiques de musées nationaux et ont séduit la maison de luxe Louis Vuitton Malletier (LVMH), qui en a fait l'acquisition pour sa prestigieuse boutique de Riyad.
Une œuvre vibrante, née du feu et du silence, à suivre de près... à regarder autant qu'à écouter !
Je remercie Raymond Louis Quillivic pour le partage de sa vie artistique et des photographies.
Texte & photographies © Christine Lavenu 27/10/2026
Conformément à l’article L122-5 du Code de propriété intellectuelle, la personne qui reproduit, copie ou publie le contenu protégé doit citer l’auteur et sa source.
Sources, pour voir et en savoir plus :
- Correspondances avec Raymond Louis Quillivic - août-octobre2026
- Site internet Raymond Louis Quillivic














