Marie-France Lesné (1953)
Céramiste sculptrice à Clans (Alpes-Maritimes)
Un chemin de hasard pour une rebelle aux doigts d’argile
Née en 1953 à Angoulême, Marie-France Lesné commence à suivre les cours de l‘École nationale supérieure d'architecture (Paris) en 1976. Mais son indépendance des procédures éducatives trop rigoureuses conduit la jeune femme à aborder l’art sous un autre angle.
Licenciée en histoire de l’art (Paris, Aix-Provence), Marie-France ressent le besoin de s’éloigner de la capitale et de se connecter à la nature. Avec une détermination affirmée, elle part dans la vallée du Jabron pour élever des chèvres !
C’est à cette période qu’elle rencontre au pied du Mont Ventoux, la céramiste Colette Charrier, qui l’initie à la faïence. Douée pour le graphisme, Marie-France commence alors la décoration sur faïence. Rapidement, elle prend conscience des possibilités illimitées de travailler la terre avec ses mains.
Retour à Paris. Elle se forme au tournage dans l’atelier d’Augusto Tozzala. Puis, en parallèle d’un travail auprès des éditions Mazenod, elle s’épanouit dans un petit atelier parisien à tourner la terre.
Il est temps de tailler la zone ! Elle quitte la capitale pour s’installer dans la région niçoise et se lancer pleinement dans l’aventure de la Terre.
Son atelier est situé à Clans, petit village de montagne dans l’arrière-pays niçois.
Depuis 1990, Marie-France Lesné expose dans les festivals et galeries (citons entre-autres la galerie French Arts Factory, Le jardin de Malrigou 2026 …..).
Certaines de ses œuvres ont également été présentées dans des musées, notamment dans le cadre d’expositions dédiées à la céramique contemporaine.
L'organique au coeur de l'esprit
Les galets polis du bord marin vont inspirer la recherche des formes de Marie-France Lesné.
L’architecture qui l’avait séduite étudiante, s’invite tout naturellement dans l’argile qu’elle monte au colombin. Ses créations sont volontairement épurées, asymétriques, presque en déséquilibre.
Ce sont des contenants (bouteilles et vases) et des sculptures abstraites et ondulantes.
Lignes, courbures, arrêtes souples s’affrontent et se complètent avec douceur et poésie.
Le jeu d’ombres et de lumières associé à une couleur monochrome a toute son importance dans la construction de chaque volume.
Si certaines faïences sont mates, d’autres brillent d’un effet métallique simulant un bronze, elles sont patinées à la gomme laque, engobées et parfois vernies.
Comme sujet de prédilection, l’organique est le terrain de chasse de Marie-France Lesné : la terre prise dans ses mains est malaxée, déformée, étirée avec audace. Les jeux subtils des courbes et des angles évoquent certaines formes molles, qui ‘s’enflent et s’amincissent’ comme aurait dit Jean Arp.
Petits clins d’œil au biomorphisme de Henry Moore ou Barbara Hepworth, Marie-France Lesné revisite ce courant artistique selon son propre langage. Avec la série ‘Lyre’, le mouvement porte la danse et le son.
Avec la série ‘Passeur’, la forme percée ouvre une porte sur l’extérieur, invitant le regard du curieux à traverser ce passage et à passer ‘Derrière le miroir’.
Les sculptures abstraites de Marie-France Lesné se visitent et re-visitent : en tournant autour d’une pièce, l’architecture de la forme se révèle et offre les autres faces de sa personnalité.
Une œuvre contemporaine, eurythmique et sensible à découvrir et suivre de près !
Je remercie Marie-France Lesné pour son sympathique accueil et pour le partage des photographies.
Texte © Christine Lavenu 07/07/2026
Photographies © C.Lavenu © M.F Lesné
Conformément à l’article L122-5 du Code de propriété intellectuelle, la personne qui reproduit, copie ou publie le contenu protégé doit citer l’auteur et sa source.
Sources, pour voir et en savoir plus :
- Entretien avec Marie-France Lesné le 6-7 juin 2026 au Jardin de Malrigou
- Site Internet de Marie-France Lesné
- Contacter Marie-France Lesné sur Instagram
- Contacter Marie-France Lesné sur Facebook
