Jean de Lespinasse

Jean de Lespinasse (1996  - 1979).

 

Réfugié sur la Côte d’Azur pendant la Seconde Guerre mondiale, Jean de Lespinasse entre dans un réseau de résistants, où il rencontre Simone, elle aussi résistante, qui deviendra son épouse  en 1947.

Peu après la libération, dans le quartier Cimiez à Nice, ils ouvrent  la SOCFRA,  un seul atelier qui produira toutes les céramiques, et les bougies décoratives.

Ils croiseront sur leur route Roger Capron, Robert Picault, l' atelier Madoura.

 

L'entreprise  regroupe une dizaine de personnes pour réaliser le coulage des pièces, le bidouillage, la cuisson des biscuits, la décoration, l’émaillage et la cuisson ….

 

Jean et Simone achètent la terre chez L’Hospied à Golfe-Juan, fabriquent leurs biscuits, et émaillent les pièces.

Sylvie Fournier, épouse de Jean Sagnès, fils de Simone et beau de fils de Jean, est la principale décoratrice de l’atelier.

Jean Saguès présente les céramiques deux fois par an, dans les grandes expositions de l’époque, notamment la Foire de Lyon et le salon des Arts du feu à Paris (devenus les Ateliers d’art).

 

Au début, les céramiques se vendent à des boutiques de la côte d’azur, puis dans des boutiques loués à Sainte-Maxime (de 1958 à 1961),  à Saint-Paul-de-Vence et à Vallauris, et ensuite grâce aux salons dédiés à la céramique,  dans toute la France et à l’étranger.

 

Les pièces sont signées JdL, portent  parfois la mention Vallauris en référence au lieu de commercialisation, et un numéro qui correspond au catalogue présentant  les nouvelles collections.

 

L’activité de l’atelier a cessé après le décès de Jean de Lespinasse en 1979.

 

Les grandes pièces sont nerveuses et structurées. Le  travail de la surface dans l’émail mélangeant des tons mâts et brillants, démontre une grande maîtrise de l’art de la céramique

 

Les céramiques de Jean de Lespinasse sont souvent présentes dans les ventes aux enchères relative à la  céramique des années 50 et 60

 

Personnellement :

L’œuvre des céramiques de Jean de Lespinasse mérite une attention particulière, et le respect pour son originalité.

 

La qualité technique de l’émaillage et la structure de la forme  intensifient l’esthétique du graphisme, et l’harmonie des teintes.

Si la matière prend forme, la forme prend matière dans le décor incisé et la juxtaposition des couleurs, souvent complémentaires.

Les fonds tendres bleu grisé ou marron plus ou moins nuancés  rappellent les élements de la céramique, la terre et l’eau.

Les orangés, ou  jaunes évoquent la chaleur de la cuisson, la chaleur du soleil du sud de la France.

 

Les scènes de combats renvoient aux mythes, et légendes médiévales dans un royaume mayas. Pour les cavaliers et les guerriers, la violence est allégée par la géométrie du décor,  la douceur  des  teintes, par la finesse presque innocente d'épées ou des lances face aux boucliers circulaires.  

Les séries géométriques sont riches de boucles et segments colorés, un labyrinthe de couleur dans l’iris oculaire.

Le regard de la femme aux cheveux noirs fige la beauté et la naïveté de la jeunesse.

Les séries de céramiques à fond vif parfois  rouge sans bœuf sont adoucies par le dessin d’animaux fantaisistes plutôt humoristiques.

 

Je remercie Madame Catherine Saguès  pour sa communication et les renseignements sur sa famille.

 

Sources :

Catherine Saguès, petite fille de Jean et Simone de Lespinasse.

Wikipédia.

Marques et signatures de la céramique d'art de la côte d'azur - Jean-Claude Martin.

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